Visite de l’exploitation d’Eric et Martial REFOUR

 GAEC des Deux Saints le samedi 12 septembre 2015.

 Producteurs de pommes,  à St Aubin-le-Dépeint 

Les deux frères avaient invité  9 amap(s) qui bénéficient de leurs produits. Nous étions une dizaine de l’Amap de la Choisille avec Fabian venu en voisin et en famille.

HISTORIQUE

C’est en 1963  que les parents Refour  ont acheté cette ferme de 26ha  qu’ils exploitent sans produits chimiques, avec 8 vaches, quelques chèvres, 2,5ha de pommiers, 2,10 ha de vigne, du maraîchage et quelques volailles.

Le sous-sol est argileux, et  convenait à la vigne mais après le désastre du phylloxéra,  la baisse de consommation du vin (Coteaux du Loir), des primes à l’arrachage la vigne est abandonnée.

 La demande en pommes augmente dans les années 50. La golden d’abord, qui est une demande parisienne. Puis en 1978, Martial reprend l’exploitation d’un oncle à Saint-Pierre-de Chevillé(Sarthe) à 4km et ils fondent un GAEC, (Groupement  Agricole d’Exploitation en Commun) . Eric prend la suite du père. Ils ont en tout 97ha dont 50 de prairies pour des vaches qui allaitent leurs veaux (ainsi on ne les trait plus).

Au départ, ils ont obtenus des prêts, difficilement, auprès des banques, qui leur ont permis l’achat de terrains,  faire de nouvelles plantations, construire des bâtiments et acheter du matériel.

Ils ont créé en 4 ou 5 fois de nouveaux vergers et replanté des vergers anciens ; les pommiers commencent à donner la 3ème année. Il y a 35 à 40 variétés de pommes en alternance pour favoriser la pollinisation.

Ce qui est encourageant c’est que les voisins se laissent séduire par la culture bio et il existe une entraide et un échange de matériel.

LA CUEILLETTE se fait environ du 25 septembre jusqu’aux gelées, fin novembre. Pour les pommiers les plus anciens, elle se fait en 3 passages : les fruits du dessus puis ceux du milieu et ceux en-dessous qui mûrissent plus tard. En général il y a deux cueillettes. Les fruits sont fragiles, il ne faut pas appuyer en les prenant, les doigts laissent des taches.

La PROTECTION

Quand on arrive dans le secteur de St Aubin-St Paterne on est surpris par ces étendues blanches que sont les vergers recouverts de filets. Ils sont à mailles fines pour laisser passer la pluie et le soleil mais doivent arrêter les insectes et les oiseaux. On les installe au mois de mai après la pollinisation. Certains rangs ont des filets qui vont jusqu’aux pieds des arbres. Ils  permettent de lutter contre le carpocapse (voir plus loin). Le travail de taille, d’ébourgeonnage et de cueillette est rendu plus difficile.

L’arrosage se fait au goutte à goutte, des kilomètres de tuyaux, une installation complexe pour propulser l’eau très loin du captage .Sinon, des canons à eaux arrosent certaines parcelles. L’eau est puisée en contrebas dans une réserve commune.

La TAILLE

Elle se fait avec méthode, il ne faut pas laisser trop de fruits, donc enlever les boutons de dessous. A cet endroit, il n’y aura plus jamais de fleurs donc de fruits.

LUTTE contre les INSECTES au fil de la saison

-L’insecte qui pique dans le bourgeon : pas de fruit

-La mouche dans le bouquet floral, le fruit a un trou où sont pondus les œufs.

En mai il faut enlever toutes les pommes véreuses et les sortir du champ.

-Les pucerons indigènes forment un duvet blanc.

-Le carpocapse est un insecte dont la larve se développe à l’intérieur du fruit. Adulte, c’est un papillon de nuit de 15mm qui fait des dégâts importants surtout pendant les étés chauds et humides. Il sort pondre quand la température est de 16°. La deuxième génération pond sur les fruits sains et la chenille pénètre dans le fruit.

Pour le combattre, en plus des filets, on utilise des pièges à phéromones qui attirent les mâles où ils s’engluent. Aussi des simples bandes de carton ondulé sont enroulés sur les troncs. Ces bandes capturent les larves de carpocapses qui cherchent un abri pour se métamorphoser. Il faut installer les bandes dès le mois de juin et les maintenir sur place jusqu'à septembre pour ensuite les détruire, en les brûlant par exemple.

La bouillie bordelaise, à base de cuivre est aussi utilisée pour cicatriser les plaies des arbres. Si le  chancre  s’y installe, il faut alors couper la branche.

Donc de nombreux passages sont nécessaires dans les rangs de pommiers, y compris pour enlever le surplus de fruits, éclaircir surtout les branches de l’intérieur.

LE TRAVAIL

La plantation, l’entretien des vergers et du matériel, la protection contre les insectes, la cueillette, le conditionnement, le stockage, la vente (jusqu’à Paris !) les producteurs travaillent en moyenne jusqu’à 75 heures par semaine voir 100 ! En plus des deux frères, 9 à 13 équivalents temps pleins travaillent dans l’exploitation et sur les marchés d’Ile de France !

La PRODUCTION

Elle varie de 100 à 350 tonnes récoltées, 150t commercialisables et 100t en jus. Pour ceux-ci, le goût change suivant l’alternance naturelle des fruits et le mois de fabrication.

Les produits transformés : les jus de pommes sont pressés à Ecouflant au nord d’Angers dans une entreprise d’insertion.

Pour la transformation des légumes (ratatouille, coulis) elle se fait à St Ouen-l’Aumône.

Le STOCKAGE.

Il se fait à Mézières, en location. La température doit être entre 3 et 5 degrés. Ce sont des chambres à oxygène contrôlé où la maturation est plus lente.

ENRICHISSEMENT des SOLS

Les vaches et les veaux fournissent des matières organiques (fumier) mais pas suffisamment. Un contrat avec un élevage de volailles de Loué leur fournit un compost végétal agréé en bio, travaillé pendant plus de 6 mois.

Au milieu de ces rangs de pommiers bien verts parsemés de nombreuses pommes rouges comme des boules de …Noël, se trouve de temps en temps un pommier plein de pommes grosses comme des … cerises en grappes. Ce sont des pommiers à fleurs. Ils sont là pour favoriser la pollinisation  des fleurs des autres pommiers.

Les pommiers donnent des fruits pendant 15 à 20 ans. La culture bio les fait durer plus longtemps que ceux des cultures intensives; ils ne sont pas « forcés »

CONCLUSION

 Beaucoup de questions ont été posées  auxquelles Eric Refour a répondu avec gentillesse, enthousiasme et compétence. Nous avons découvert son métier : les pommes ne poussent pas toutes seules !  Bien sûr, des rafraîchissements à base de pommes nous ont été offerts.

Nous avons senti aussi tout le côté aléatoire des productions fruitières comme maraichères : tributaires de la météo, des insectes, des épidémies etc.Pensez-y.

A nous de découvrir toutes les variétés qui vont s’échelonner dans nos cageots. Les « pilots », les dernières nées, acidulées et juteuses seront dans nos paniers en février-mars. Un dépliant, reprenant toutes les variétés et leurs caractéristiques est à votre disposition à l’Amap de la Choisille.

Chantal T.

 

 

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